16 décembre 2018 – Action du collectif devant les locaux de la SNCF

19 décembre: Courrier au directeur de la ligne R suite à la réunion/action de lundi.

Destinataire : Grégoire Forgeot-d’Arc, directeur des lignes D et R ; Carol Jonard, secrétaire général de la ligne R ; Anne Bussieras, responsable des relations institutionnelles de la ligne R

Copie : IDFM ; Alain Krakovitch, directeur du réseau Transilien ; le CODUT ; Livry Environnement

Objet : Point suite à la réunion de lundi

Madame, Messieurs,

Depuis un an que nous échangeons avec vous, nous demandons constamment :

  • plus de ponctualité -> en retour, la ponctualité s’est encore dégradée cette année notamment sur les heures de pointe et les retards se sont accentués.
  • plus d’information -> en retour, on nous supprime des informations essentielles telles que l’affichage des voies de départ à Gare de Lyon sur l’application
  • une meilleure gestion des bus de substitution -> en retour, on nous allonge le temps d’attente en gare de Melun lors des travaux en soirée, et on nous génère des horaires incompréhensibles pour la branche d’Héricy.
  • plus de confort avec le nouveau matériel et plus de trains longs -> en retour, on nous met encore plus d’unités simples en heure de pointe

Enfin, en cette fin d’année, vous avez décidé unilatéralement et sans préavis de suspendre les échanges que nous avions, ce qui ne nous permet plus de vous faire remonter les (nombreuses) problématiques de la ligne. En cassant le thermomètre, vous ne ferez pas baisser la fièvre !

Nous avons alors demandé ce lundi au directeur de la ligne R, Monsieur Forgeot-d’Arc, de prendre cinq minutes avant la réunion SNCF – Usagers de la ligne R afin de venir s’engager auprès d’usagers témoins, sur cinq points précis que nous avions à lui soumettre. Devant le refus de celui-ci de se présenter face aux usagers, nous avons décidé de ne pas assister à cette réunion. D’autant plus que ces réunions, malgré nos nombreuses demandes, ne sont absolument pas préparées de votre côté, ce qui les rend trop souvent improductives.
La principale raison du refus de cette réunion est que, face à la dégradation constante et vertigineuse de la ligne R ces derniers temps, nous n’en sommes plus au stade des discussions et des explications, mais au stade des réalisations et de la concrétisation immédiate des engagements. Face à la crise majeure que connaît la ligne R depuis deux ans, nous aurions apprécié que son directeur fixe lui-même ses engagements, devant les associations et les usagers, à base d’objectifs chiffrés et concrets. Or il n’en est rien.

C’est pourquoi, par ce courrier, nous vous demandons la mise en place d’un plan d’urgence pour la ligne R avec la réalisation des cinq objectifs concrets suivants :

  1. Retour à un taux de ponctualité de 90% au printemps 2019. Cela fait des mois, voire des années, que l’on nous promet que la situation de la ligne s’améliorera avec la fin des travaux et l’arrivée du nouveau matériel. Or, vous l’avez annoncé vous-même, en 2019, le gros des travaux sera passé, et en mai la ligne sera intégralement équipée de Regio2N. C’est pourquoi l’objectif d’un taux de 90% de ponctualité à la fin du printemps 2019 nous paraît tout-à-fait raisonnable. Cet effort devra être poursuivi pour revenir à l’objectif de 93% de ponctualité à la fin d’année 2019.
  2. Retour de l’affichage de la voie de départ à Gare de Lyon sur l’application SNCF dès janvier 2019. Nous vous signalons ce dysfonctionnement de l’application, pourtant basique, depuis près 3 mois. Il est inadmissible que ce problème ne soit pas réglé à ce jour. D’autres dysfonctionnements ont également été remontés, en pure perte aussi: impossibilité de modifier
  3. Annonce systématique, notamment à bord des Regio 2N, lorsque le train s’arrête inopinément sur les voies, dès janvier 2019, afin d’annoncer la raison de cet arrêt et sa durée approximative. Vous nous aviez promis que le nouveau matériel serait communiquant et que le COT pourrait intervenir à bord des rames. Nous exigeons la concrétisation de cette promesse. Plus généralement, nous vous relançons à nouveau sur le besoin de communication auprès des usagers.
  4. Zéro US entre 6h59 et 9h51 (à l’arrivée en Gare de Lyon) et entre 16h32 et 19h32 (au départ de Gare de Lyon), dès janvier 2019. Qu’il s’agisse de Regio 2N ou de Z2N, une US sur ces créneaux horaires ne constitue pas seulement un simple enjeu de confort, mais un véritable enjeu de sécurité ! Faut-il attendre qu’un accident mortel se produise sur un quai bondé pour agir enfin et prendre le problème au sérieux ?
  5. Résolution des problèmes de bus de substitution sur la branche Héricy dès janvier 2019. Cela fait huit mois que le collectif des usagers et le CODUT vous signalent que les informations concernant les bus de substitution lors des travaux sur la branche d’Héricy sont totalement contradictoires et incompréhensibles. Nous exigeons que vous régliez ce problème dès la prochaine phase de travaux, en indiquant physiquement et sur les fiches travaux la position des points d’arrêt, ainsi que des horaires fixes et uniformisés pour les bus dans les gares concernées, accompagné bien sûr du respect par les compagnies de bus de leur obligations.

Nous attendons donc un engagement concret et rapide de votre part sur ces cinq points qui nous semblent être un minimum tout à fait réaliste, et qui sont même un devoir vis-à-vis des usagers qui payent pour ce service.

Nous passerons sur les problématiques qui en deviennent secondaires face à ces cinq points mais qui restent malheureusement de première importance : les toilettes gratuites dans toutes les gares y compris gare de Lyon en surface, un cadencement équilibré en heure de pointe (15 / 15 / 15 / 15) des temps de parcours qui n’augmentent pas, une meilleure considération de la partie de la ligne via Héricy, … En somme, nous ne demandons qu’un retour à une situation normale sur cette ligne, telle que nous l’avons connue dans les années 2012 – 2013 (nos demandes sont donc d’autant plus réalistes qu’elles étaient en application dans un passé relativement proche).

Quant à notre manière de communiquer, si vous la trouvez trop offensive, sachez qu’elle n’est que la simple représentation de ce que vous nous laissez comme possibilité de communiquer avec vous. Nous pouvons ajouter que sa comparaison avec les conditions que nous subissons quotidiennement sur cette ligne à travers ses dysfonctionnements sera flatteuse : le stress, l’humiliation, voire la maltraitance, ce qui représente de la violence psychologique. Si vous faisiez preuve d’un minimum de réflexion, de bon sens et d’analyse, vous comprendriez aisément le ton parfois exaspéré que nous pouvons employer à votre encontre… Et vous pouvez également vous rendre compte que depuis un an, nous restons dans une position constructive à attendre que vous preniez enfin en compte nos propositions qui seraient de nature à améliorer le quotidien sur cette ligne sinistrée…

Nous ne demandons pas un retour de votre part à notre courrier : cela ne résoudrait rien et de toute façon vous ne souhaitez plus communiquer avec nous. Nous ne demandons qu’une chose, qui ne prend que 4 caractères : AGIR sur les cinq points exposés ci-dessus et dans les délais impartis.

Sans concrétisation, il est fort probable que les usagers adoptent une attitude beaucoup moins constructive et positive à l’égard de votre entreprise, qui ne manquera pas d’écorner votre image de marque à laquelle vous tenez tant. Et là, vous n’aurez plus d’associations d’usagers pour canaliser cette colère…

Cordialement,
Le collectif des Usagers de la Ligne R

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