LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA LIGNE R – KESAKO ET POURQUOI

Cet article a été publié morceau par morceau sur la page Facebook du collectif.

I. RAPPEL DU COLLECTIF DES USAGERS DE LA LIGNE R

Depuis 5 ans, le collectif des usagers de la ligne R tente d’alerter les pouvoirs publics sur les problèmes de ponctualité, confort et informations de la ligne, via les réseaux sociaux, ou avec des vidéos. Sa plus-value : être en capacité de « photographier » le réseau R de l’intérieur, au quotidien, vu par les usagers via ses 5 000 abonnés et d’en retranscrire les problématiques au niveau des acteurs très déconnectés des problématiques du terrain, notamment la SNCF et IDFM.

Le collectif en quelques chiffres :

Une mini-série vidéo, « Les carnets du report « R », permet de retranscrire cet état de la ligne R vu de l’intérieur:

II. PRESENTATION DE LA LIGNE R EN QUELQUES CHIFFRES

La ligne R: la pire ligne d’Ile de France en terme de ponctualité:

Le reportage de juin (lien à remettre) informe sur le risque de saturation de la ligne pour les toutes prochaines années si rien n’est anticipé. Une ligne passée de 50 à 75 000 usagers entre 2009 et 2016 et qui atteindra très certainement les 100.000 voyageurs à partir de 2025…

La ligne R c’est 30 ANNÉES DE DÉSORDRE sur un réseau toujours sinistré malgré les milliards d’€ et des centaines de lettres d’élus. Face à ces problèmes récurrents, les usagers de la ligne R disent STOP !

En prélude au bilan d’une réunion de gestion avec la direction R et à nos propositions d’action, nous proposons aux abonnés de la ligne R de se remettre dans le contexte de 30 années à reproduire les mêmes débats sur les mêmes questions pour lesquelles les directions successives de la ligne R ne sont toujours pas parvenues à répondre. Cela va de 1988, date de la catastrophe Gare de Lyon; via 2004 lorsque l’association du CODUT (création en 1976) défendait seule la ponctualité / information des voyageurs / confort; au 11 septembre 2019, date de la dernière réunion de gestion avec désormais la présence d’un collectif représentant bientôt 5 000 usagers sur des problématiques redondantes et cycliques face à une redoutable direction dépassée mais pour laquelle la notion du « Temps » est totalement en dehors de la nôtre malgré les milliards d’investissement…

III. 1988-2006: DES PROBLÈMES PRÉSENTS DEPUIS PLUS DE 30 ANS

1988 : terrible accident de la Gare de Lyon avec 56 morts et 57 blessés. Certes, il n’y avait que 30 secondes pour réagir mais cette catastrophe illustre toutes les problématiques que l’on retrouve aujourd’hui (ponctualité, communication de crise vers les voyageurs, désorganisation, train surchargé). Le conducteur André Tanguy a donné sa vie pour lancer l’évacuation (nous saluons ici son sacrifice suprême), il a permis d’éviter des victimes supplémentaires en restant au micro parce qu’il n’y avait justement pas de communication de crise centralisée à partir d’un PC opérationnel. Le fameux COT qui ne verra le jour que des années plus tard et dont on constate encore l’absence de communication vers les gares, les trains et les usagers. Cette politique du risque calculé, comme le souligne Michel Desmars en 1989 justifiant l’absence d’investissement par les directions de l’époque. Quant à la maintenance et le reste, il faudra encore attendre des décennies supplémentaires pour voir disparaitre les fameux « gris ».

https://youtu.be/7QRm5JV0DNw

https://youtu.be/nlB5FJ2SrDU

https://youtu.be/sx6gAVGj45M

https://youtu.be/y148RQ5WMbk

1994 : Création de la Fédération des victimes de catastrophe

2004 : Annonce par Thierry Mignauw des trains de nouvelle génération pour remplacer « les petits gris » – Le Moniteur BTP Mai 2004- et programme de rénovations des rames (budget de 244M€)

2005: Lettre de Jean-Claude Mignon au premier ministre Dominique de Villepin à nouveau sur « les petits gris » ne remplissant pas la case –confort-

2005 : Réponse du premier ministre et engagement du Gouvernement De Villepin pour financer l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France) à hauteur de 400M€

2006 : Lancement du plan de modernisation des transports sous le gouvernement Villepin et le président régional IDF Huchon – montant 4 milliards d’€ pour 175 rames « Bombardier » de 2009 à 2015 et + 200 rames à partir de 2016…

http://www.challenges.fr/entreprise/20061026.CHA3886/transilien-je-souhaiteque-les-entreprises-francaises-puissenttres-largement-participer-villepin.html

http://www.ladepeche.fr/article/2006/10/26/64528-trains-ici-aussi-bombardier-a-gagne-la-bataille-du-rail.html

2006 : Disparition programmée des commodités dans le silence absolu des associations d’usagers au nom de la prévention situationnelle, du gain de place et des économies.

IV. 2007-2013: DÉGRADATION DE LA SITUATION ET APPARITION D’ASSOCIATIONS D’USAGERS LARGEMENT IGNORÉES

2007 à 2008 : Les lectures des comptes rendus de cette période sont hallucinantes avec des questions pour lesquelles nous attendons toujours des progrès : communication gares/voyageurs/trains (14 dec 2007), mise en place des directs sur la ligne bis, composition des trains (24 oct 2008), projet STIF de schéma des parcs relais qui n’arriveront qu’en 2012 (dans lequel figure le projet de généraliser le pass Navigo – page 9, projet abouti en 2019 !!!).

https://www.iledefrance-mobilites.fr/wp-content/uploads/2017/04/Compte-rendu_du_comite_de_ligne_Paris_Gare_de_Lyon_-_Montargis_du_14_decembre_2007-1.pdf

https://www.iledefrance-mobilites.fr/wp-content/uploads/2017/04/Compte-rendu_du_comite_de_ligne_Paris_Gare_de_Lyon_-_Montereau_du_23_octobre_2008-2-1.pdf

https://jplp.typepad.com/files/ligne-r.pdf

https://www.iledefrance-mobilites.fr/wp-content/uploads/2017/04/Cahier_de_references_PR_novembre_2012-1.pdf

2008 : l’association CODUT ouvre et informe les usagers via son site internet et sa page Facebook.

2009 : Suppression des trains directs sur la ligne bis

2012 : 1er rassemblement d’usagers R en colère pour plus de trains

2010 : la Cour des Comptes rend un audit sur l’état du réseau ferroviaire en Ile de France. « Après plus de trois décennies au cours desquelles la maintenance du réseau francilien de la SNCF a été négligée au profit d’investissements sur les lignes à grande vitesse, la priorité a enfin été donnée à son amélioration. Toutefois, le retard accumulé sur l’entretien du Transilien est tel que l’état de certaines portions de lignes va continuer à se dégrader jusqu’en 2020, c’est seulement en 2025 qu’on devrait retrouver le niveau d’aujourd’hui, lequel est déjà loin d’être optimal »

https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-transports-ferroviaires-regionaux-en-ile-de-France

http://www.francetvinfo.fr/economie/transports/la-maintenance-des-voies-sncf-epinglee-par-la-cour-des-comptes_1705783

https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/EzPublish/12-transports-ferroviaires-idf-depuis-2010-RPA2016-Tome-2.pdf

2012 à 2013 : Dans les articles des presses locales, on retrouve les mêmes questions problématiques qui perdurent (parkings trop cher, le ras-le-bol des usagers sur les retards, l’absence de confort et d’informations…).

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-et-marne-77/on-espere-quelques-avancees-04-09-2013-3104787.php

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/des-usagers-ne-veulent-pas-payer-leur-parking-sncf-27-02-2012-1879255.php

https://actu.fr/ile-de-france/melun_77288/transilien-les-usagers-nemouriens-de-la-ligne-r-nen-peuvent-plus_6786249.html

V. 2014-2017: ENFIN DES PREMISCES D’UNE PRISE DE CONSCIENCE CEPENDANT TOTALEMENT INSUFFISANTE

2014: Nouvelle commande de 42 rames pour 400M€ par la présidence de Région Huchon

2015 : Plan de modernisation complémentaire pour près de 2 milliards d’€

2015: Création du collectif des usagers de la ligne R par Cédric Thoma

mai 2016: dernière publication du CODUT lors de l’AG à Nemours soulignant alors la suppression des WC dans le cadre des projets R2N. Trop tard, tout était signé et validé par la FNAUT, laquelle n’a même pas pris le temps de solliciter ni les associations d’usagers, ni les collectifs.

Juin 2017: commande de 80 regio2N supplémentaires par la Région:

http://www.newsbombardierfrance.com/2017/06/83-regio-2n-supplementaires-pour-lile.html?m=1

http://www.larepublique77.fr/2014/12/17/589-millions-pour-la-fin-des-petits-gris/

http://ww.leparisien.fr/espace-premium/seine-et-marne-77/589-meur-pour-remplacer-les-petits-gris-de-la-ligne-r-11-12-2014-4364321.php

https://actu.fr/societe/ligne-r-les-nouveaux-trains-regio-2n-arriveront-en-decembre_7006175.html

V. 2018-2019: LES RATES RÉPÉTÉS ET L’ENFONCEMENT DANS LA CRISE

L’hiver 2018 -2019 est catastrophique: les nouveaux trains R2N livrés (sans l’option WC) subissent des pannes majeures à répétition (notamment au niveau des pantographes). Le collectif, qui compte désormais 4 500 abonnés, crée la série « Les carnets du report »R »  » pour sensibiliser l’ensemble des élus sur la situation paroxystique de la ligne. Sollicités début 2019, ceux-ci signent « L’appel des 100 » pour que la SNCF et IDFM réagissent en urgence à la situation.

Au printemps 2019, le collectif averti à nouveau la direction R de l’urgence à planifier le renfort de la ligne en vue de la saturation des rames dès Fontainebleau les toutes prochaines années.

L’été 2019 sera également une période noire: canicules et accidents de personnes mettent en évidence les carences massives dans la gestion du trafic par une direction dépassée. Les nouveaux trains souffrent à nouveau des conditions alors que le déverminage, sorte de rodage des trains, est sensé être terminé depuis belle lurette. Concernant les travaux du 7 sept 2019, il sont bien gérés selon la direction R, une catastrophe selon le collectif au regard des dizaines de témoignages reçus.

IDFM annonce que la présidente de région Valérie Pécresse confirme sa promesse de mettre des commodités hygiéniques dans les futurs trains. Le collectif R répond vouloir la vérité sur les échéances, car les futures commandes n’interviendront pas avant 5 ans …

Côté SNCF, l’identification des trains à problèmes nous est communiquée et nous la diffusons auprès des usagers. Le blog transilien R est créé et des Community Managers sur Twitter, seule avancée notable de ces dernières années, sont positionnés au niveau du COT. Enfin, pour l’hiver, le changement des archets caténaires est lancé sur l’ensemble de nos trains. De plus, de gros travaux sont annoncés (novembre à mi-décembre), allongements de temps de parcours et pagaille sont donc à prévoir.

Sur la ponctualité, nous sommes irrémédiablement chaque mois toujours les bons derniers du réseau. Ceci est considérablement aggravé par les 23 accidents de personnes depuis le début de l’année, les canicules et les caténaires fragilisés. Nous demandons en réponse une véritable communication de crise. Promesse est faite d’alléger les procédures de redémarrage des trains (il serait temps 🙁 …) et confirmation de la pérennisation d’un agent d’information au micro de la Gare de Lyon.

La Direction R souligne immanquablement que notre ligne est « difficile« . En réponse, nous demandons alors que le Navigo passe à mi-tarif pour ses usagers car les difficultés qui reviennent à chaque réunion ont déjà plus d’1/4 de siècle, difficultés que ni IDFM ni la SNCF ne parviennent à résorber.

En conclusion, nous refusons cet immobilisme engluant contre lequel même les cheminots sont impuissants.

VI. UNE GALÈRE SUPPLÉMENTAIRE ET ÉVITABLE : LES VERBALISATIONS ABUSIVES

Parmi les autres problèmes que relèvent les usagers R, celui des VERBALISATIONS ABUSIVES PARCE QU’ABERRANTES a fait son apparition récemment. Après la ponctualité défaillante, les carnets du report »R » s’intéressent aux nombreux témoignages reçus d’usagers R verbalisés lesquels ont d’abord été présumés coupables de fraude avant même d’écouter leurs justifications. Voici la réponse officielle de la SNCF : « Le franchissement de portillon, même s’il n’est pas verrouillé, mais simplement poussé, n’est pas autorisé, et ce même si rien ne l’indique » –  » Et le montant appliqué est de 60 € comme quelqu’un qui sauterait par-dessus un CAB, alors même qu’il a un titre de transport » –  » Il ne s’agit donc pas d’une verbalisation abusive »

Cette réponse est à pleurer mais elle s’explique dans un contexte où l’on veut faire croire à la population que la fraude est massive. Sur quels fondements repose donc la présomption de culpabilité que nous portent les contrôleurs ? Et bien en tout premier lieu, au regard d’une large communication médiatique, et non sur la réalité du terrain. Exemples :

En arriver à des embuscades des usagers du train au motif d’une interprétation hasardeuse des textes règlementaires ne nous semble pas démontrer, au collectif, que la fraude est massive, mais plutôt qu’il s’agit d’une conséquence d’une politique du chiffre. Et effectivement, la réalité est bien différente.

Sur l’autel de l’insécurité, il ressort qu’au final, le volume des fraudeurs ne représente qu’1% des usagers, soit 3000 (au lieu des 40000 attendus) sur plus de 300.000 contrôles réalisés si on se réfère au résultat d’une des plus grosse opération de contrôle réalisée en Ile De France il y a un an.

http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/fraude-300-000-personnes-controlees-en-quatre-heures-dans-les-gares-parisiennes-23-10-2018-7926336.php

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/anti-fraude-la-sncf-pensait-verbaliser-40-000-fraudeurs-elle-n-en-coince-que-3-300-7795305972

Et en effet, la plupart des témoignages parvenus illustrent plutôt des verbalisation abusives parce qu’aberrantes. Comme Leone dont l’appareil en panne et photographié en gare de Montigny n’a jamais été admis par la SNCF. Résultat, montant 100€ payés car prise en otage avec le risque d’une majoration encore supplémentaire en cas de nouveau recours. Et des témoignages similaires, le collectif en a reçu des dizaines parfois ubuesques comme à Dordives, où faute de billetterie, les voyageurs de cette gare descendent vite à Souppes pour valider leur ticket… et remontent aussitôt.

Or, que dit la loi?

Concernant Agnès du reportage, le décret 2016-541 précise qu’ « il est interdit à toute personne (…) de pénétrer dans un espace dont l’accès est réservé aux détenteurs d’un titre de transport ou de voyager dans un véhicule affecté au transport public de voyageurs, sans être munie d’un titre de transport valable complété, s’il y a lieu, par les opérations incombant au voyageur telles que compostage, validation ou apposition de mentions manuscrites« 

Le site Transilien précise qu’un Navigo non validé par le voyageur c’est 5€. C’est la fameuse opération qui incombe au voyageur. En l’espèce, un portail est ouvert Gare de Lyon et donne accès librement au réseau. Au moment des verbalisations, les contrôleurs viennent avec un panneau « interdit » qu’ils placent temporairement afin de « justifier » l’amende de 60€ menaçant la jeune usagère d’appeler la police, laquelle terrorisée, s’exécute. Ça, c’est l’injustice. Réponse de la SNCF, « Franchir un portillon d’accès ouvert et non signalisé interdit demeure une contravention à 60€« . Alors qu’à la lecture des textes et à la lumière des faits, c’est 5€.

https://www.ratp.fr/categorie-faq/4761?faqid=1616&fbclid=IwAR3W7yOzLKBo5XG0Yaqs2OSsekWdN8Blhx5hJhkJFMmtJji-JXpXVKIYRxg

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032490008&categorieLien=id&fbclid=IwAR34nLcbaADV9E2tVYx2fWOcuLtBvzquZh3tLSPWm_K0YTsAkMMp-9m1nCQ

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032282279&categorieLien=id&fbclid=IwAR1Top9zgGvrA8U_XNcSojffl5msyNdiiZQ2C-zTjNoK-CGP_Q5LFii6flU

En conclusion, le collectif des usagers va certainement intégrer cette problématique dans l’ordre du jour des 1ers États Généraux de la ligne R en demandant :

  • Une verbalisation adaptée au regard du préjudice sociale établi,
  • Des appareils de vente, de recharge Navigo et à composter en état de fonctionner dans chaque gare avec un signalement de panne ou de maintenance en direct,
  • Une application correcte des mesures règlementaires par les contrôleurs et l’apposition d’une signalétique claire concernant les accès interdits,
  • La fin de la politique du chiffre par les directions concernées,
  • L’indulgence et la reconnaissance de la présomption d’innocence pour les usagers R.

Le reportage : https://www.facebook.com/usagersdelaligneR/videos/428386301146504/

VII. LA CONVOCATION D’ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA LIGNE R POUR ESPÉRER AVANCER… AU MOINS UN PEU

A. Pourquoi des États Généraux

Face à la saturation des usagers R, des élus régionaux ont produit une nième lettre à destination des directions IDFM et SNCF. LES LETTRES D’IMPUISSANCE s’enchainent années après années, tout comme les retards. Ils étaient jusqu’à 100 l’an dernier à demander un plan d’urgence dont l’échec a été à la hauteur du silence des directions. Quelques jours avant, c’était la Députée Valérie Lacroute qui interpellait le successeur de Guillaume Pépy, aujourd’hui, c’est le maire de Montereau James Chéron ; le maire de Fontainebleau Frédéric Valletoux et les conseillers régionaux locaux qui demandent un plan massif face à des problèmes massifs. Les chiffres de la ponctualité et les graphiques sur plusieurs années parlent d’eux-mêmes:

Bien sûr, nous les remercions mais après 30 années de désordre, le cumul de lettres s’avère insuffisant. Ces démarches, que nous saluons, deviennent malheureusement caricaturales et contre-productives car redondantes et impuissantes.

Devant l’accumulation des missives républicaines et confronté à tant d’immobilisme de l’exploitant SNCF, le collectif R a même saisi la Présidence de la République à l’occasion de son passage à Thomery face aux remontées de plus en plus négatives des usagers, cibles de verbalisations aberrantes, victimes d’une ponctualité catastrophique en l’absence d’informations précises sur un réseau emprunté chaque jour par désormais près de 75.000 usagers.

Après la Présidence de la République, c’est à une centaine d’élus du sud Seine et Marne que nous avons adressé un courriel d’information. Des élus attentifs car le collectif, c’est eux. C’est 75.000 usagers représentés à travers plus de 4 500 abonnés dont les témoignages quotidiens permettent d’avoir une réelle vision globale du fonctionnement de la ligne…

B. La convocation des États Généraux et ses objectifs

C’est pourquoi le Collectif des usagers de la ligne R lance les 1ers États Généraux de sa ligne face à IDFM et ses exploitants auprès des élus du sud Sud et Marne le 30 janvier 2020 à Avon pour obtenir un plan quinquennal précis de planification des urgences et de redressement. Il demande à la SNCF et IDFM de dire la vérité et de produire un calendrier quinquennal sur des enjeux cruciaux à venir (Terrier de Bercy, confort des commodités, communication de crise…) en s’engageant face aux élus.

Nous pensons en effet qu’il doit revenir à IDFM de mettre la pression auprès de ses exploitants afin de proposer un calendrier opérationnel sur les grands travaux du nœud ferroviaire de Bercy (cause de nos retards et dont l’État a estimé l’urgence), la mise en œuvre d’un circuit d’informations de crise, les échéances éventuelles de la privatisation de la ligne, les commandes de rames en quantités suffisantes au regard des évolutions démographiques et bénéficiant du confort minimum nécessaire (WC…) …

Une pétition est lancée dans le même temps auprès des 70 000 usagers R pour un pass Navigo à moitié prix tant que le taux de ponctualité restera sous le taux contractuel. Nous demanderons dans le même temps aux collectifs des usagers D de nous rejoindre dans ces démarches afin d’y associer leur ligne dont nous partageons le parcours et les emmerdes.

https://actu.fr/societe/seine-marne-ligne-r-une-petition-reclamer-pass-navigo-moitie-prix-usagers_27530853.html

▶     http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/perturbations-du-rer-e-et-de-la-ligne-p-a-l-est-la-coupe-est-pleine-30-09-2019-8163393.php

Au prétexte d’associer les représentants des usagers, les comités et autres réunions à la petite semaine ne servent qu’à cautionner les dysfonctionnements de la ligne. A l’avenir, et dans l’après États généraux, les futures directions R et IDFM devront répondre et rendre des compte précis sur le calendrier fourni aux Etats Généraux autour des 3 axes Ponctualité – Information de crise – Confort…

C. Ce que le collectif attend des États Généraux

En conséquence, un PLAN DE SAUVETAGE DE LA LIGNE R apparait inéluctable. Les 42 rames commandées et livrées sont malheureusement insuffisantes sur un réseau saturé ! Une gestion de crise inexistante, près de 2 000 signataires de la pétition, désormais 75 000 usagers qui voyagent entassés, nous pensons, au collectif, que IDFM devra rouvrir les carnets de commande de rames supplémentaires (14M€ l’unité) auprès de la SNCF pour absorber les 100.000 voyageurs à venir pour qu’on puisse voyager à l’heure, assis et rêver d’une LIGNE R OBJECTIF 2020-25. Les prévisions 2014 ont été malheureusement trop optimistes…

Ce sont donc 8 mesures de sauvetage que nous réclamons en urgence et qui permettront d’éviter l’enclavement du sud Seine et Marne afin de répondre à des conditions de transport décentes aux heures de pointe, de modifier les horaires, voire d’en obtenir de supplémentaires pour augmenter les cadencements afin de répondre à la demande sur les grands axes Montargis, Nemours et Montereau et diminuer l’utilisation des véhicules individuels.

  1. Accès au remboursement du Navigo en cas de prestation défectueuse. Le taux de référence doit donc être celui contractuel soit 93% au mois par mois alors que la Région tente justement de remettre le voyageur au cœur du dispositif contractuel en replaçant la qualité de service en priorité,
  2. Rouvrir les carnets de commande de rames supplémentaires (14M€ l’unité) auprès de la SNCF pour absorber les 100.000 voyageurs à venir pour voyager à l’heure et assis,
  3. Un grand plan quinquennal d’urgence pour sauver notre ligne à bout de souffle,
  4. Des trains composés minimum de 2 unités aux heures creuses avec WC surtout et pourquoi pas Wifi / tablettes pour les « télé travailleurs » et 3 unités aux heures de pointe (Arrivées à Paris tranche 6H00 à 10H00 – Fréquence 15mn sur le tronc commun  dès Moret – Départ Paris tranche 16H30 à 21H30 – Fréquence 15mn sur le tronc commun jusqu’à Moret),
  5. Plusieurs dessertes directes de Paris via la ligne bis (Héricy…)
  6. La suppression du nœud ferroviaire de Bercy grâce au terrier de Bercy (300M€ de travaux à lancer au plus tôt)
  7. Des communications directes et compréhensibles du centre opérationnel des trains avec les usagers (rames et gares) en cas de crise avec un dispositif de cellule de crise H24 en cas d’incident sur le réseau
  8. Des services de maintenance et conducteurs cheminots en effectifs adaptés.

En résumé, les États généraux de la ligne R devront apporter des échéances sur un plan quinquennal précis pour lequel les directions IDFM et SNCF devront rendre des comptes tout au long des 5 années à venir aux usagers et élus lors des comités intergares et réunions trimestrielles.

ANNEXES – FOCUS

A. Résorption des retards

Concernant les travaux pour la résorption des retards, le RAPPORT DU CONSEIL D’ORIENTATION DES INFRASTRUCTURES remis en février 2018  indique que le « Terrier de Bercy » est un nœud ferroviaire dont l’urgence a été reconnue, seule solution à jour à nos problèmes de ponctualité…
 » Améliorer les nœuds ferroviaires est la clé des progrès du service rendu aux usagers et leur traitement est une priorité majeure (…) L’urgence du traitement des nœuds ferroviaires conduit à privilégier ceux-ci dans la programmation en leur donnant la première des priorités et en leur associant chaque fois que c’est pertinent, des objectifs (…) Consacrer plus d’un milliard d’euros d’engagements en cinq ans pour accompagner les autorités organisatrices dans les mutations des mobilités du quotidien (…) Décongestionner les nœuds ferroviaires franciliens et maintenir les efforts pour les transports urbains en Île-de-France « .

Le « terrier de Bercy » est censé augmenter le nombre de « sillons » (ex : nombre possible de passages de train) aux abords de la Gare de Lyon. Quand on sait que la cause n°1 des retards sont les conflits de circulation à proximité, c’est indispensable ! Nous demandons à tous les Parlementaires du territoire de se mobiliser pour que cet investissement soit réalisé au plus vite… et pas oublié une fois de plus !

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/2018.02.01_synthese_rapport_conseil_d_orientation_des_infrastructures_0.pdf

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/remise-du-rapport-du-conseil-dorientation-des-infrastructures-0?fbclid=IwAR3-tTiNY1PRXMocYsBHvgVzSNaY1p74icPJnCKXtJ8QGbdIO5PhfZNTU2g

http://www.leparisien.fr/essonne-91/elus-de-l-essonne-et-de-seine-et-marne-interpellent-le-gouvernement-sur-le-terrier-de-bercy-29-11-2018-7957233.php

B. Gestion de crise

2 centres de gestion de crise existent déjà, le CNOF (niveau national) et le COT (niveau des Transiliens :

Le CNOF

https://www.ingenieur-ferroviaire.net/evenements/20100326CNOF/CNOF.pdf

https://www.arep.fr/projets/1-35/cat_design/centre_national_des_operations_ferroviaires

Le COT, Centre Opérationnel Transilien :

« C’est là que sont suivis les trains 24h/24 7j/7. On y décide les modifications du plan de transport et ce qui en découle, notamment au niveau de l’information délivrée aux voyageurs … et adapter chaque jour, heure après heure, les décisions. Il intervient au moindre dysfonctionnement afin de rétablir au plus vite un plan de transport fiable, de prendre en charge et d’informer ses voyageurs lors des situations perturbées« .

Ce COT prend la parole directement dans les trains du RER C en cas de crise au moyen d’un système de transmission vers les gares et les trains qui a couté pour l’ensemble du réseau près d’1 millard d’€. Qu’attend-il pour s’exprimer à bord de notre ligne ?

Les régulateurs de trafic peuvent gérer des appels et joindre simultanément un groupe de trains pour mieux communiquer en cas d’urgence via le GSMR

https://www.sncf-reseau.fr/fr/acces-reseau-ferre/offre/infrastructures-service/gsmr

https://maligner.transilien.com/2017/10/23/gestion-incidents-impacts-petit-guide/

https://maligner.transilien.com/2019/09/26/saga-cot-episode-1/

C. Indemnisation des usagers

La proposition IDFM pour le remboursement du navigo pour défaut de prestation contractuelle manque d’ambition en proposant un dispositif d’indemnisation insuffisant voire inexistant. En effet, le taux de référence à retenir devrait être celui contractuel soit 93% au mois et 98% aux heures de pointe (celui évoqué par la Cour des Comptes) et non 80% pendant trois mois (celui d’IDFM) alors même que la Région tente justement de « remettre le voyageur au cœur du dispositif contractuel en replaçant la qualité de service en priorité« . Ne serait-ce pas là au final le moyen de préparer la privatisation d’un produit déjà pré-consommé? (75.000 usagers garantis et plus à venir), qui sera vendu en arguant la ponctualité, en vendant une ligne pré-équipée mais totalement sous-dimensionnée? Les graphiques démontrent clairement que le taux proposé par IDFM de 80% sur 3 mois ne permettra aucune indemnisation. Par ailleurs, IDFM ne propose aucune solution lorsqu’une situation de crise a provoqué des dépenses supplémentaires (taxi, garde d’enfant). Au final, de quel côté se trouve la Région? Usagers ou prestataire (SNCF aujourd’hui) ?

https://data.sncf.com/explore/embed/dataset/ponctualite-mensuelle-transilien/analyze/

https://www.iledefrance-mobilites.fr/le-reseau/la-qualite-de-service-en-chiffres-bulletin-d-information-trimestriel-bulletin-de-la-ponctualite/

https://www.iledefrance-mobilites.fr/wp-content/uploads/2019/07/BQST_4e-trimestre-2018_OK.pdf

Le taux contractuel de 93% jamais atteint, au contraire du taux de 80% proposé par IDFM.

Une réflexion sur « LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA LIGNE R – KESAKO ET POURQUOI »

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