GREVE SNCF : MODE D’EMPLOI

Ça y est, une nouvelle grève ferroviaire (ou tout mouvement social) montre le bout de son nez. Enfe »R », c’est encore notre ligne R qui va le plus en pâtir ! Le collectif tâche dans cet article de vous donner le mode d’emploi, le kit de survie, la trousse de secours, bref, tout ce que vous pouvez faire pour vous en sortir le moins mal possible (parce que, ne nous leurrons pas, ça va forcément faire mal…)

  1. Se préparer les jours précédents
  • S’informer

La première chose est de s’informer. Lorsqu’il s’agit d’une grève, la SNCF doit (en théorie…) publier les prévisions de circulation avant le début des perturbations. S’il s’agit d’un mouvement social inopiné (ex.: droit de retrait le 17 octobre 2019 et les jours suivants), il n’y a malheureusement pas de prévision possible…

Au collectif, en cas de grève, nous publions le plan de circulation élaboré par la SNCF dès que nous l’obtenons. Nous comprenons votre impatience voire votre frustration de ne pas pouvoir vous organiser tant que vous ne l’avez pas, mais cela ne sert à rien de nous harceler: si nous ne publions pas, c’est que nous ne l’avons pas… Mais sachez que nous travaillons toujours dur pour l’avoir au plus vite !!

Ce plan de circulation n’est qu’une indication de ce qui se passera le jour J. La SNCF est sensé respecter ce plan, mais en pratique, on a souvent observé des variations… Soyez donc prudents avec ces prévisions.

  • Se préparer

Si vous pensez que vous pourrez monter dans un train, dans ce cas, une bonne partie de ce paragraphe ne vous intéressera pas.

Plusieurs pistes existent le jour J, il faut réfléchir à l’avance à celle que vous allez suivre. Aucune n’est bonne à prendre, malheureusement, nous n’avons pas mieux à vous proposer… :

  • Tenter de monter dans un train: le plus simple bien sûr, mais aussi le plus stressant, car c’est souvent synonyme d’un trajet aller (et probablement retour) congestionné, et le stress de ne pas avoir de train pour rentrer. Mais nous savons bien sûr que certains n’ont pas le choix.
  • Poser une journée : c’est bien sûr rageant, mais c’est aussi le plus efficace. Cela peut être une journée de congés, de RTT, un congé sans solde, peut-être que vous pourrez rattraper ce jour plus tard, voire vous organiser avec votre employeur pour cela (mais ça marche moins si la grève s’éternise plusieurs jours)
  • Faire du télétravail: cela dépend bien sûr de votre travail, et tous les employeurs ne le proposent pas forcément. Cependant, vous pouvez lui dire que vous serez de meilleure humeur et bien plus productif à travailler exceptionnellement de chez vous, que de galérer 4h dans les transports pour arriver fatigué et énervé sans savoir comment et dans quel état vous rentrerez. A noter: en cas de situation de crise comme une grève de train, un simple accord par mail de votre employeur (ou de votre supérieur) peut suffire pour accepter un télétravail exceptionnel ! Pensez aussi, si vous télétravaillez, que vous aiderez tous ceux qui ne le peuvent pas en leur libérant une place dans les trains restants. Enfin, si vous allez dans un centre de télétravail, cela pourrait rassurer vos employeurs de vous imaginer dans un tel centre plutôt que soi-disant en pyjama chez vous (les idées reçues sont tenaces)
  • Basculer sur votre voiture : si vous en avez une, c’est une alternative toujours intéressante. Attention cependant, il y a souvent plus de bouchons les jours de grève… Si vous pouvez décaler vos horaires (voyager hors heures de pointe), cela peut éventuellement vous aider, mais aussi être insuffisant. Pour diminuer les frais, pensez aussi à covoiturer (cf. point suivant), gardez en tête que vous ne serez pas le seul à vouloir vous rendre au travail !
  • Covoiturer : si vous n’avez pas de moyen de locomotion personnel, vous pouvez essayer de trouver un covoitureur. Plusieurs pistes: notre groupe Facebook dédié où vous pouvez poster votre demande ou votre proposition (voir notre article sur le sujet), l’application IDVRoom où votre trajet est sensé être payé par SNCF (nous n’avons jamais testé), et l’application ViaNavigo qui permet également de rechercher des covoiturages et où votre trajet est sensé être payé par IDFM (idem, nous n’avons jamais essayé)
  • Prendre le bus: il arrive que le service soit renforcé si la grève a pu être anticipée par IDFM (ex.: plus de bus sur la ligne Express 34). Cependant, un bus ne compense pas un train entier…
  • Prendre le taxi / VTC : évidemment, c’est probablement la solution la plus onéreuse… Essayez de trouver des personnes autour de vous qui seraient intéressées pour partager les frais. Et gardez toujours les factures à votre nom avec vous !

Enfin, anticipez bien sûr comme vous le pouvez les problèmes éventuels de garde d’enfant, de frais de parking, autre, et dans le pire des cas, ayant un plan de secours chez quelqu’un si vous restez bloqué à Paris…

  1. Le jour J – s’informer et se déplacer

Si vous vous déplacez quand même en train ce jour de grève, soyez à l’affut des informations.

  • De notre côté, nous posterons sur notre page Facebook les informations qui nous remonteront. Les usagers postent aussi régulièrement des informations.
  • Le compte Twitter de la ligne R est assez réactif et au courant des circulations. Si les Community Manager ne sont pas trop débordés (ce qui est rare en jour de grève), un d’entre eux pourra peut-être même répondre à votre question !
  • Gardez toujours avec vous le plan théorique de circulation. Même s’il n’est pas suivi à la lettre, cela reste néanmoins la « boussole » de la SNCF le jour J.
  • Quand à l’application SNCF… si vous suivez notre fil Facebook, vous savez ce que nous en pensons.

Par ailleurs, si vous avez des frais exceptionnels à sortir (taxi / VTC, hôtel, garde d’enfant(s)), demandez et gardez toujours une facture à votre nom. Nous essayons de plus en plus, notamment dans les situations les plus critiques, de demander des dédommagements à la SNCF (suivez les publications sur notre page Facebook). Cela n’aboutit pas forcément, mais plus il y aura de réclamations, plus nous aurons de chance d’y aboutir.

  1. Aparté sur le « service minimum »

On en entend beaucoup parler, notamment lors de chaque grève. Malheureusement, il porte très mal son nom, et devrait plutôt s’appeler « service prévisible ». En effet, la SNCF n’a aucune obligation d’assurer un service minimum, c’est-à-dire d’assurer la circulation d’un nombre minimal de trains, comme on peut le voir dans les hôpitaux ou les casernes de pompier. Le service minimum à la SNCF oblige l’entreprise à définir un plan de circulation tenant compte des grévistes déclarés, et à s’y tenir. Voici comment ça marche en pratique.

  • Jusqu’à 48h avant le début de la grève: les agents nécessaires à la bonne circulation des trains doivent absolument se déclarer. Cela concerne ainsi les conducteurs, les aiguilleurs et les contrôleurs. On note au passage que les agents de gare, les agents des ateliers de maintenance et les autres personnels ne sont eux pas concernés par cette obligation et peuvent donc se mettre en grève « à la dernière minute ». A noter également qu’une déclaration en tant que gréviste peut être annulée jusqu’à 24h avant, permettant de remettre en circulation de nouveaux trains (mais ajoutant forcément un peu de pagaille vu la capacité d’adaptation de la SNCF)
  • A partir de ces déclarations d’intention, la SNCF peut élaborer un plan de circulation prévisible en fonction des agents non-grévistes et donc disponibles pour faire rouler les trains
  • Ce plan doit être obligatoirement communiqué 24h avant le début des perturbations. Au collectif, nous publions ces prévisions sur notre page Facebook dès que nous les recevons.
  • Le jour J, la SNCF a obligation de respecter le plan élaboré. Elle peut bien sûr l’améliorer si finalement plus d’agents sont disponibles, mais elle est, en théorie, sensée être pénalisée si la circulation le jour J est dégradée par rapport au plan élaboré.

Voilà, vous êtes maintenant expert pour parler du « service minimum » à la SNCF le dimanche midi au déjeuner de famille !

2 réflexions sur « GREVE SNCF : MODE D’EMPLOI »

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